EXPRESSION LIBRE

Polémique entre Harlem Désir et Jean-Noël Guérini du PS



Le premier appelle le second à quitter "immédiatement" le PS en cas de mise en examen, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône riposte.


Jean-Noël Guérini devra "immédiatement" quitter ses responsabilités au sein du PS et la présidence du conseil général des Bouches-du-Rhône s'il est mis en examen dans l'affaire de marchés publics frauduleux visant son frère, selon le premier secrétaire du PS par intérim, Harlem Désir

Jean-Noël Guérini a riposté en déclarant qu'il n'accepterait "pas d'être un bouc émissaire". Il a qualifié Harlem Désir de "professeur de morale" qui "oublie qu'il a été lui-même condamné" en décembre 1998 à 18 mois de prison avec sursis et 30.000 francs d'amende pour avoir perçu des salaires fictifs d'une association lilloise en 1986 et 1987.

"Une mise en examen n'est pas une condamnation"

L'ex-patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône a été convoqué le 8 septembre en vue d'une possible mise en examen par le juge Charles Duchaine, qui enquête sur plusieurs dossiers liés à des marchés publics présumés frauduleux visant son frère, Alexandre Guérini.

"Si Jean-Noël Guérini était mis en cause lorsqu'il va être entendu par le juge pour des faits de la gravité de ceux qui sont évoqués -on parle d'association de malfaiteurs-, eh bien, je lui demanderais immédiatement de se mettre en retrait de ses responsabilités, de sa fonction de président de conseil général" comme "de ses responsabilités au sein du PS et de se consacrer à sa défense", a déclaré Harlem Désir sur LCI .

Dans sa riposte Jean-Noël Guérini s'interroge en ces termes: "Faut-il rappeler (à M.Désir) ce qu'est la présomption d'innocence et lui indiquer qu'une mise en examen n'est pas une condamnation? Pourquoi exiger de moi une démission qui n'a jamais été réclamée à bien d'autres élus, socialistes ou non? Je n'accepterai pas d'être un bouc émissaire!".

"Innocent, je me défendrai et m'expliquerai comme je souhaite le faire depuis plusieurs mois sur une affaire que des tribunaux médiatiques expéditifs ont déjà jugée", poursuit-il. "Et s'il faut donner l'exemple, que le Premier secrétaire du Parti socialiste par intérim soit le bon élève et commence par le faire. Il a été condamné? Alors qu'il démissionne!"

Aubry demanderait de "prendre congé du parti", Valls d'accord


Dans son intervention à LCI Harlem Désir avait pourtant pris quelques précautions en déclarant: "Evidemment, la présomption d'innocence doit être respectée, et c'est pourquoi il faudra qu'il ait la possibilité de faire valoir ses arguments" mais "s'il s'agissait vraiment d'une mise en cause sur des chefs d'inculpation aussi graves - on parle de 20 millions d'euros trouvés sur des comptes à l'étranger - en lien avec l'exercice de responsabilités d'élu, je demanderais aux socialistes de faire en sorte que nous prenions des décisions claires. En tout cas, nous, nous serons extrêmement fermes".

Dimanche, Martine Aubry avait assuré que si la justice tranchait en faveur d'une culpabilité de Jean-Noël Guérini, elle lui "dirait de prendre congé du parti". Manuel Valls, également candidat à la primaire, avait émis le même avis. Mais tous deux n'avaient pas spécifié à quel moment de la procédure, ils demanderaient sa mise en congé du parti.

Après la publication début juillet d'un rapport d'une commission d'enquête faisant état d'importantes dérives clientélistes dans la fédération des Bouches-du-Rhône, la direction du PS avait décidé de mettre en place "un contrat de rénovation" et de procéder à l'élection d'un nouveau premier secrétaire fédéral.

C'est Jean-David Ciot, un proche de Jean-Noël Guérini, qui a succédé le 21 juillet à ce dernier à la tête de la fédération des Bouches-du-Rhône, la 4e de France.



30/08/2011
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